Lorsqu’une personne apprend que tu étudies à l’École nationale de l’humour, la plupart du temps… elle s’en contrefiche. Mais il arrive aussi que la personne soit impressionnée et voit en toi une future vedette. On feint tous alors hypocritement que ce n’est pas ce que l’on recherche, que d’ailleurs rien n’est moins sur, c’est un milieu difficile et beaucoup travaille dans l’ombre. Mais au fond, ça nous fait plaisir de goûter à ce semblant de prévedettariat.

Vient alors le Gala des Oliviers auquel, en tant qu’étudiants, nous sommes invités. Endroit où se dire étudiant de l’École nationale de l’humour ne correspond à rien de plus que faire parti des près de 400 personnes qui en 20 ans y sont passées et dont à peu près 20 sont reconnus du public* à ce jour. En résumé, ça n’impressionne pas grand monde.

Sur les 2000 personnes présentes au Gala, une seule te voit comme une future vedette, toi. Ça a de bien que ça bote le cul de certains qui comprennent qu’ils devront travailler fort pour réussir. Mais ça en décourage aussi d’autres. Je fais partie du premier groupe, sinon je ne serais pas ici à vous parler.

Après l’école, les gens impressionnés se font plus rares. Pour la simple raison que tu as terminé l’école et qu’ils ne t’ont pas encore vue à la télé, synonyme que toi tu dois pas être ben ben drôle. D’ailleurs comment ce fait-il que tu n’étais pas à un gala Juste pour rire cet été?

Je n’ose pas imaginer ce que ce sera dans 2 ou 3 ans, si je n’ai pas encore mon one man show, mon talk-show de fin de soirée, 3 DVD et ma nomination comme humoriste de l’année au gala des Oliviers. Gala où je pourrais me faire un plaisir de faire sentir aux gens de la relève qu’ils ont encore bien des croûtes à manger :)

*chiffre approximatif qui exclut tous ceux qui gagnent bien leur vie, sans pour autant être des vedettes.